COMPRENDRE LA STRUCTURE DU COUPLE – Les défis et solutions

par | 15 Sep 2025

 Les défis et les solutions

Le vrai problème, ce n’est pas “on ne communique plus”, c’est “je ne me sens plus en sécurité avec toi »

On entend souvent :
– « On a un problème de communication. »
Mais en réalité, ce que les couples veulent dire, c’est :
– « Je ne me sens plus vu.e, entendu.e, choisi.e, ni compris.e. j’ai l’impression de ne plus être importante pour toi »

Ce que Mony Elkaïm nous enseigne sur le système conjugal

Mony Elkaïm, figure majeure de la thérapie systémique, expliquait que la souffrance d’un couple ne se situe pas dans l’individu ou dans l’interaction elle-même, mais dans le système qu’ils co-créent ensemble. C’est le système (fait de répétitions, de tentatives de solutions inadéquates, de loyautés inconscientes) qui s’emballe.

« Ce n’est pas la personne qui est le problème, c’est la danse entre les personnes. » – Mony Elkaïm

Quand la sécurité affective est ébranlée, chacun entre dans un mode de survie émotionnelle, souvent hérité de son système familial. Cela peut activer :

    • des stratégies d’évitement (« Je me coupe pour ne pas souffrir »)
    • des stratégies d’attaque (« Je t’agresse pour que tu me voies »)
    • ou des replis silencieux et douloureux (« Je me tais, mais à l’intérieur, je me sens abandonné.e »).

Ces schémas s’auto-alimentent. Plus l’un se protège, plus l’autre se sent seul. Et plus il se sent seul, plus il se défend… C’est le cercle vicieux du désamour.

La perte du sentiment d’importance : une blessure invisible mais centrale

Lorsqu’on ne se sent plus important.e pour l’autre, ce n’est pas juste une frustration, c’est une détresse profonde. Cela touche l’attachement, ce noyau émotionnel construit depuis l’enfance.

C’est là que Gary Chapman et ses 5 langages de l’amour peuvent aider à décoder les malentendus :

    • Si ton langage est les paroles valorisantes, mais que ton/ta partenaire te montre son amour par des services rendus, tu peux te sentir ignoré.e même si lui/elle pense faire des efforts.
    • Et si la sécurité n’est pas restaurée… alors même les efforts sont interprétés comme des attaques ou des manipulations.

 Sans sécurité affective, l’amour se vide de son sens.
Car aimer, c’est avant tout se sentir vu.e, accueilli.e et libre d’être soi dans la relation.

Marshall Rosenberg et la CNV : quand la communication devient un espace de reconnexion

La Communication Non Violente (CNV) nous invite à parler depuis le besoin, non depuis le reproche.

Mais dans un couple en crise, dire « j’ai besoin de me sentir important.e pour toi » est un acte vulnérable… qu’on n’ose pas faire quand on a peur d’être rejeté.e.

Alors à la place, on dit :

    • « Tu ne fais jamais attention à moi. »
    • « T’es tout le temps sur ton téléphone. »

Ce que l’autre entend : accusation, reproche.
Ce qu’il ressent : menace.
Ce qu’il fait : se ferme ou contre-attaque.

Et là, tu vois ? Ce n’est pas un problème de communication, c’est un problème de sécurité intérieure et relationnelle. La CNV ne marche que si le lien de confiance est préservé ou réparé.

 

Résumé pragmatique : le cercle dysfonctionnel à déconstruire

    • Un partenaire ne se sent plus « choisi.e » ou important.e
      → La peur de l’abandon ou du rejet s’active
    • L’autre perçoit une attaque ou un retrait
      → Il/elle entre en réaction défensive ou se met à fuir
    • Les échanges deviennent tendus, blessants ou silencieux
      → La connexion émotionnelle se fragilise
    • Les conflits s’intensifient… ou se figent dans le silence
      → Le lien affectif s’érode, parfois jusqu’à la rupture ou la distance prolongée

 Clés thérapeutiques pour restaurer la sécurité affective

1. Nommer la peur cachée :
Ex : « Je me rends compte que derrière ma colère, j’ai peur de ne plus compter pour toi. »

      1. Créer un espace de sécurité relationnelle :
        Un temps régulier sans reproches, juste pour se dire ce qui est vivant en soi.
      1. Travailler sur le système (Mony Elkaïm) :
        Identifier les cycles relationnels récurrents, les loyautés inconscientes, les scénarios familiaux.
      1. Réapprendre à lire le langage affectif de l’autre (Gary Chapman) :
        Se poser la question : « Comment puis-je montrer à mon/ma partenaire qu’il/elle est important.e pour moi, dans son langage ? »
      1. Utiliser la CNV pour se reconnecter (Marshall Rosenberg) :
        « Quand tu ne réponds pas à mes messages, je me sens inquiète, car j’ai besoin de me sentir reliée à toi. »

    Conclusion

    Tu vois, le couple, ce n’est pas juste deux personnes qui doivent mieux parler!
    C’est deux mondes intérieurs qui se rencontrent, et qui parfois, s’effraient l’un l’autre.
    Quand l’amour devient douleur, ce n’est pas parce qu’il est fini : c’est parce que la sécurité s’est perdue quelque part sur le chemin. Mais la bonne nouvelle, c’est qu’on peut la retrouver. Avec du soin, de l’écoute et un vrai regard sur le système que vous formez à deux.

     Et si vous commenciez, ensemble, par une seule question : 

    “Qu’est-ce qui te ferait te sentir en sécurité, là, maintenant, avec moi ?”

    Pour aller plus loin, je vous invite à cliquer sur le bouton «  prenons rendez-vous » et réserver votre séance avec moi. On avance ensemble !

    Julie Debliqui

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    Qui suis-je ?

    Professionnelle de la petite enfance depuis 2012, présidente et fondatrice d’une structure d’accueil éco-pédagogique sur Marcq-en-Baroeul pendant 5 ans, j’ai naturellement été amenée à accompagner les familles dans leurs défis du quotidien.

    Spécialiste du couple et de la famille, j'accompagne les enfants, ados et adultes sur les trois plans de l'être (corps/tête/cœur) pour vous permettre de retrouver l'équilibre dont vous avez réellement besoin.

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    « Le Cokon » Château de Laleu
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